
Journal
le Temps - 11 octobre 2003
A bonne école
L'Atelier Raïth à Sidi Bou Saïd commence l'année par une expo, Atelier
regroupant des adultes qui soumettent au « Reg'Art » des cimaises, une à d »eux
années d'expérience plastique, sans discontinuer, pliant la main aux exigences
de la technique.
9 exposantes, parvenues au terme d'un cycle complet : d'autres ont quitté la
rive sud en cette rentrée ; d'autres sont en réserve ; à cette étape de
l'apprentissage, une simple faille dans la continuité déconnecte la main,
constateront-elles. Entre silhouettes, portraits, nature, c'est l'attitude, la
physionomie, qu'elles cherchent à saisir ; l'assurance de leur propre
reproductibilité. A ce stade, franchir cette étape, c'est déjà garantir ses
acquisitions.
Portraits traités en séries de styles et bien entendu de techniques différentes.
Bases académiques puis conversions impressionnistes et expressionnistes. Suit la
palette, de plus en plus audacieuse ; puis les effets de contrastes et de
lumière.
L'intensité et l'éclat d'un regard pour Catherine Lemdani, le mystère des
médinas pour Noudhar Maherzi. L'atmosphère globale est à la placidité : partie
de pêche campagnarde pour Wissem Saâdi, artisan aux chéchias pour Marie-Noëlle
Daverne, retraite sous frondaison pour Chantal Slim, marabout pour Inès Abassi.
Interférences, cette année, les teintes sont méditerranéennes, soutenues.
A l'imprégnation mutuelle entre paysage et sujet de la première année, cette
unité qui se cimente par touches, s'oppose la focalisation des plans, le plus
proche pour V alérie Bogo, le lointain pour Maryse Lestrelin. Si déjà
s'ébauchent les volumes, ils deviendront matière, avec leur texture, leur
finesse et parmi la seconde année, le portrait d'un maître de Catharina
Katterbach.
Cette manifestation révèle cette quête du savoir-faire d'un groupe qui semble
avoir déclaré ici, son homogénéité. Mais déjà, pour certaines, perce un brin de
fantaisie qui ne saurait que s'affirmer, avec la libération de la technique.
Mustapha Raïth, peu possessif en la matière, ne cherche pas à s'entourer de
disciples et ouvre les portes de son atelier vers d'autres rencontres, d'autres
pérégrinations sous la houlette de ses pairs.
MAK
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