
Revue hebdomadaire Réalité -12 juin 2002 par Alifa
Peinture : six âmes sensibles
Le mystère du temps humain
La galerie Yahia des arts au Palmarium Tunis, abrite depuis le 7 juin
une exposition de peinture qui durera jusqu'au 21 du mois sous le thème
« Pour quelques rituels ». Dans les toiles de peintres en herbe, on
retrouve les traces immortalisées d'un enseignant privé de Sidi Bou
Saïd. Que propose en groupe les auteurs de cette exposition d'amateurs
avertis ?
Avant l'enseignant, les tableaux prennent les couleurs et les formes du
rituel festier. Houda Belhadj, Patrice Matton, Sabine Dextre, Cyrille
Wisniewski et Cyrine Lakhdar offrent au visiteur une chaleureuse
promenade où les couleurs vives se disputent les objets et les gestes
que tout un chacun pourrait retrouver dans son vécu. « Pour quelques
rituels » de Sabine avec ces mains parlantes tellement les lignes sont
si précises en dépit d'un flou lumineux adoucissant, mis en plus arrive
à transmettre l'émotion, dite esthétique où attente, patience, mise à la
disposition de soi à travers les mains et générosité se mélangent avec
l'ardeur. du répondant imaginaire.
La « Nuit du destin » de Cyrille va au-delà du rituel immédiat
puisqu'elle vous plonge dans les insoupçonnables mouvements de
départ-retour. Le corps de l'homme n'est plus fixé ni chosifié.
L'association lune soleil quasiment impensable pour une fête ordinaire,
nous entraîne vers un autre palier de sensibilité abstraite. Cyrille
Wisniewski avec sa touche synthétique travaille davantage avec les
lignes que les courbes.
Du « Mirage » de Cyrine Lakhdar à « Sur la route du hammam » de Houda
Belhaj, le chemin est loin de s'achever ou d 'être si court. Les
personnages vont du flou volontaire et dense, à la clarté totale es
lignes et des couleurs. Sans la moindre antinomie ces deux extrêmes
finissent par s'unir dans l'effort soutenu les ayant produit. On sent
les deux en train d'achever continuellement leur toile ; labeur,
crient-elles ! Quant à « Partition », Patrice Matton dit clairement ce
qu'il sent en variant musique et couleurs vives avec un visage si bien
peint. L'atelier Raïth parrainant cette exposition mérite le détour, car
lorsqu'on vient au pays avec pour seule ressource sa sensibilité de
peintre, qui a vécu en France tout en étant algérien d'origine, et qu'on
choisit d'aider ses élèves à accoucher leurs propres émotions pour
retrouver seuls leurs propres chemin, l'on ne peut que réussir.
Le travail, l'endurance et l'extrême sensibilité finissent par porter
leurs fruits. Mustapha Raïth, puisque c'est de lui qu'il s'agit ne joue
pas au maître, il préfère enseigner. tout simplement.
Alifa
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