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...diraient
les élèves de Laetitia, qui ont de 8 à 17 ans et voient leur
maîtresse comme une fée au pinceau magique qui distille un peu de
poudre magique dans chaque palette...
Et modestement vôtre diraient
mes élèves adultes qui ne revendiquent dans le fond qu’une petite aire
de liberté pour s’exprimer sans prétention, pour exister autrement
qu’à travers le train-train quotidien qui offre si peu de moments de
répit pour se retrouver, pour s’arrêter dans cette course effrénée
contre la montre et s’octroyer un temps bien à soi.
Il faut bien des sacrifices pour certaines mamans, bien du courage pour parvenir à
lâcher prise et s'adonner deux fois par semaine à la peinture. Pour
retrouver cette insouciance de l'enfant et ce besoin de libérer son
geste, de s'émerveiller face à la magie des couleurs et de vivre sa
passion pour l’art. Et tant mieux si dans la lancée, la folie de
l’artiste embarque certains “imprudents” vers les hauteurs
vertigineuses du grand pic intérieur... Car ce que l’on prend au
départ pour un loisir, peut aussi devenir un outil de travail
personnel, un acte de résistance contre son propre conditionnement
et celui de son entourage.
Sinon, le thé à la menthe coule toujours à flot et les bons gâteaux,
faits maison par les élèves, sont encore plus succulents. Mais non,
ne pensez pas que je donne des cours uniquement par gourmandise...
même si la rumeur circule que ce serait ma principale motivation.
Sans blague ?
Bon,
c'est vrai que devant un bonne galette des rois, je craque... Mais
de là à croire que je ne donne des cours que pour cela, c'est un peu
exagéré. Juste un petit peu... Je fais gaffe à ma ligne. Bien que
je sois taillé comme un pinceau double zéro, vous savez, celui qu'on utilise fréquemment pour signer. Alors je signe et
vous salue en passant...
Mustapha Raïth |

Laetitia et ses élèves |